Les travaux d’agrandissement des chaussées de la capitale sont à une phase avancée. Les observateurs pressentent que cela va rendre davantage délicate la question, déjà précaire, de la sécurité routière. Car lesdits travaux interviennent tandis que l’espace public kinois est en mutation, avec notamment l’arrivée massive des mototaxis dans le contexte du transport en commun.
L’importation massive de motos et leur intégration dans le secteur du transport en commun justifient à suffisance la place des transports dans le contexte kinois. Dès lors, il y a nécessité d’aider les usagers de la route à s’adapter à cette nouvelle réalité qu’est de rouler sur un boulevard démunis de bordures et, en certains endroits, de signalisation routière. Il est, néanmoins, des contradictions sur le terrain dont la persistance inquiète. C’est le cas de la Commission nationale de prévention routière (CNPR) qui souffre notamment des moyens de sa politique. L’autre contradiction tient au manque collectif de ce qui pourrait être appelé l’éducation à la sécurité routière. Ce déficit caractérise aussi bien les automobilistes que les piétons. Le laisser-faire des agents de la Police Spéciale de Roulage (PSR) face notamment aux passionnés du téléphone au volant, suscite aussi des inquiétudes.
A Kinshasa, en effet, les quinze dernières années ont enregistré un renforcement en terme notamment de place des transports dans la société. Se déplacer quotidiennement dans la ville demeure déterminant, pour assurer la survie tant individuelle que familiale. La localisation des activités à distance, le goût du confort, la concentration des masses et les maigres garanties sécuritaires qu’offrent journellement les transports en commun ont stimulé des personnes à individualiser leurs moyens de transport. Comme on le comprend, ces facteurs joints à divers autres, ont entraîné une augmentation numérique remarquable de véhicules dans la capitale.
Le phénomène mototaxi, un moyen parmi tant d’autres d’assurer la survie
Dix ans plus tôt, la capitale de la RD Congo n’avait pas connu ce qui ressemble à une véritable « invasion » de motos. Des témoignages indiquent que dès 2005, la baisse de régime enregistrée dans le secteur d’exploitation du diamant artisanal a entraîné beaucoup de creuseurs hors des chantiers. Dès lors, le premier réflexe collectif a été d’imaginer de nouveaux créneaux, dans lesquels sécuriser chacun les capitaux accumulés. Le circuit du ciment et celui du transport en commun ont été mis à profit, à cet effet. Ce témoignage court auprès de l’Association des Motocyclistes du Congo, exploitants des mototaxis, AMC, dont le bureau est situé au croisement des avenues Kabinda et Luambo Makiadi (ex Bokassa). C’est ainsi qu’à ce jour, beaucoup d’exploitants de minibus sur la ligne « Ville-Boulevard » se comptent parmi d’anciens creuseurs.
Beaucoup d’autres aussi se sont déversés dans l’exploitation des motos. A ce sujet, l’importation massive de ces engins a été facilitée par l’ouverture du corridor du commerce : Kinshasa-Dubaï-Kinshasa voire Kinshasa – Guangzhou (Chine)-Kinshasa. Face à la persistance de l’exode rural et à la montée des ambitions individuelles alimentée notamment par l’absence de concurrence de l’Etat dans le secteur du transport en commun, des particuliers ont ouvert une ère nouvelle. Il s’agit d’économiser pour individualiser une moto. Les gestionnaires urbains de la vie sociopolitique devraient tenir compte de cette nouvelle donne et anticiper utilement des mesures d’accompagnement.
Quand un gagne-pain facile du départ engendre des milliers d’emploi
A la suite des pionniers sus-évoqués des mototaxis à Kinshasa, bien des détenteurs de capitaux, dans le contexte kinois, ont suivi le pas. D’où, la moto est en passe de garantir journellement un pain facile au (à la) propriétaire de l’engin. Au départ, les motos se concentraient dans les routes tertiaires, celles non asphaltées des quartiers bourgades de Kinshasa. Mais l’exploitation est, à ce jour, libre. Progressivement, les motos envahissent les grandes artères. Cette vague de motos dans le transport en commun a donné lieu à un véritable marché d’emploi. Beaucoup de jeunes gens ayant appris sur le tas la conduite de cet engin, prestent comme conducteurs au service des personnes qui ont investi dans ce secteur. Le versement varie entre 10.000 et 12.000 FC, au premier semestre de l’année en cours. De fil en aiguille, des maisons de réparation de ces engins pullulent à travers la ville. Et dans chacun de ces garages, un maître est entouré d’un minimum de quatre aides. Cette dynamique n’est pas moins une aubaine pour les jeunes en quête d’activités valorisantes. Et il ressort des témoignages que la plupart des motos mises en exploitation sont tenues journellement par deux motocyclistes : l’un est au service « du patron », tandis que l’autre vient en appui au titulaire, dans le cadre d’un arrangement informel. C’est comme qui dirait : l’engagé engage…
L’agrandissement du boulevard ne garantit guère la sécurité routière
La sécurité routière, c’est l’affaire de tous, affirme-t-on couramment. Cette évidence vaut une interpellation au moment où les chaussées de Kinshasa ont nettement changé de configuration. Les observateurs estiment qu’il est indispensable que, plus qu’avant, la CNPR soit mise en situation effective de remplir sa mission. Car en amont, il c’observe un déficit en termes de campagnes, pour vulgariser d’éventuels apports nouveaux découlant des changements subis par les chassées : de la lumière, des panneaux, des marques au sol pour transmettre quelque instruction appropriées aux conducteurs et aux piétons,… Pour l’heure, trois constantes demeurent et ne sont pas pour accompagner les Congolais dans une société transformée : la poursuite du programme de réhabilitation et de modernisation (notamment) des routes, l’absence de législations sur le téléphone au volant, l’absence de campagnes de vulgarisation du code routier pour aussi bien piétons que moto-transporteurs dont le nombre augmente.
Il y a une décennie, les automobilistes circulant à Kinshasa ne faisaient pas face à un voisinage débordant autant des engins bi cycles (motos, vélos, vélomoteurs) que des piétons. Quand vient que les usagers de la route interprètent avec des lacunes les textes régissant la circulation routière, il est souhaitable que les ministères de l’Intérieur et des Transports et Voies de Communications) s’assument dans les limites de leurs missions respectives. Pour l’heure, en effet, il s’observe que les jeunes conducteurs de mototaxis se passent couramment des normes recommandées en vue de se sécuriser à moto. C’est le cas de la ceinture de sécurité, du port du casque et la possession de l’extincteur. A cela s’ajoute le respect du code de la route.
Dans le contexte actuel, la moto dépanne les gens. « On vous dépose presque chez vous et vous pouvez même faire attendre le motocycliste pendant quelques minutes (…) », a confié un passager. En dépit de ce service rendu à la communauté, les bonnes consciences sont d’avis qu’il est prudent que les animateurs des services publics mettent en place des mécanismes susceptibles d’arrêter la crise d’autorité. Car celle-ci est de nature à exposer les piétons à des risques multiples. De leur côté, les agents qualifiés qui ont en charge la régulation de la circulation routière devraient s’employer à réprimer l’anarchie qui règne dans le secteur : des motocyclistes dépourvues de permis de conduire, des motos sans plaques d’immatriculation et donc non reconnue par le bureau compétent du ministère des Transports et Voies de Communication.
En dépit de ce manquement, ces engins sont engins sont placées sur la place publique, exploitant dans le secteur du transport en commun. Ce laissez-faire généralisé ouvre la voie libre à des usagers de la route habitués à foutre en l’air des principes de base de la circulation routière. Ceci expliquant cela, des voix s’élèvent, conviant la (Cnpr) à véritablement s’assumer au regard de sa mission. Car il revient à ce service spécialisé du ministère d’initier des actions de sécurité routière : les campagnes de communication de la sécurité routière, les actions locales, la semaine de la sécurité routière figurent dans cet ordre d’idées.
L’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) ne manque pas d’ambition. Elle s’est dotée d’un « business plan 2010-2012 » dont la finalité est d’attirer les investisseurs, mais aussi de rendre l’environnement des affaires attractif et compétitif.
Ainsi, tout le monde devra s’engager à travailler en faveur de la promotion d’une image positive de la Rdc comme seule destination pour les investisseurs. Ceci, en vue de susciter le désir d’investir dans ce pays en poussant les investisseurs à prendre la décision d’y développer leurs activités économiques. Le Gouvernement doit s’engager à réduire progressivement le taux de la fiscalité intérieure, adopter un code agricole, simplifier les procédures d’agrément, créer les banques (de développement, agricole et de l’habitat), sans oublier la création d‘une bourse de valeur.
Le n°1 dans la promotion des investissements, le Professeur Matthias Buabua wa Kayembe a réuni la presse, afin de dire ce qu’il pense de l’amélioration du climat des affaires en Rdc. Pour ce faire, il a mis en place un « business plan 2010-2012 », qui évalue les efforts entrepris et met le cap vers des actions de grande envergure.
En effet, « le business plan 2010-2012 » est un document définissant les stratégies, les objectifs et les moyens de promotion des investissements par l’ANAPI pour une période triennale. Il répond ainsi aux questions suivantes : pourquoi planifier ? Qui, quand, comment ? La planification est le reflet du professionnalisme et celui qui ne le fait pas navigue à vue et perd son temps inutilement.
Avant toute chose, le n°1 de l’ANAPI a voulu faire le bilan de son Institution depuis sa création en 2003, jusqu’à ce jour. Dans le domaine de la création des entreprises (guichet unique), il note qu’à ce jour, au moins 110 entreprises ont été créées. Concernant les investissements agrées, le chiffre avoisine 811 pour un coût total de 13.488.711.702 dollars Us. Les emplois directs sont au nombre de 115.229, contre plus de 300.000 emplois indirects.
Dans le secteur de la création des sociétés, il faut vite observer que ce secteur a connu une très grande progression, avec la suppression de 4 formalités de création des entreprises (casier judiciaire, attestation de résidence, attestation de non fonctionnaire, sceau), suppression du visa de légalisation, réduction du coût de l’immatriculation au NRC (de 850 à 160 Usd, de 500 à 160 Usd), réduction du délai d’immatriculation au NRC de 15 à 5 jours maximum), réduction du délai d’obtention du n° d’identification nationale, publication des statuts dans 48 heures, réduction à 1% du taux des droits proportionnels lors de création ou augmentation du capital sociale des sociétés par action à responsabilité limitée (SARL).
En ce qui concerne l’amélioration du droit des affaires, l’ANAPI note la promulgation de la loi d’adhésion à l’OHADA, la réduction du coût de l’autorisation de bâtir (de 1 Usd/m2) à 0,6 Usd/m2, la réduction du délai de délivrance de l’autorisation de bâtir (de 90 à 30 jours), la réduction du taux des droits proportionnels relatifs à la mutation (de 6 à 3 jours), l’affichage au public de la procédure et des frais de mutation. Au sujet de l’emploi, il faut souligner l’assouplissement des modalités de déclaration de l’ouverture et de fermeture d’une entreprise ou d’un établissement, etc. Du côté de la fiscalité, il y a eu publication d’un calendrier des contrôles fiscaux et parafiscaux. Dans le secteur minier, il y a eu une réduction à 20 jours à partir du dépôt du délai de renouvellement de la licence sur les matières précieuses.
L’ANAPI manque des moyens financiers
Comme on peut bien le constater, la promotion des investissements en Rdc exige des moyens. Et ce sont ces moyens qui font défaut à l’ANAPI et l’empêchent ainsi à concourir à la réalisation de ses mission, celles d’œuvrer pour l’amélioration du climat des affaires, de travailler pour la promotion d’une image positive de la Rdc, de mettre en exergue et communiquer à la communauté des investisseurs les atouts et les opportunités de la Rdc, etc.
En dehors des moyens financiers, l’ANAPI fait aussi face à l’insuffisance des effectifs du personnel, à l’absence d’un siège administratif convenable, au traitement des dossiers d’agrément au niveau des cabinets ministériels (Plan et Finances). C’est ici qu’il faut s’inscrire en faux de tous ceux qui sont déterminés à saboter l’action de l’ANAPI, pendant qu’elle a été crée pour des raisons connues de tout le monde. Comme on peut bien le constater, il y a des commissions pour la promotion des investissements, ou du climat des affaires, qui sont créées, sans que l’ANAPI, celle qui a reçu mandat ne soit pas impliqué.
En dehors de ces quelques faiblesses, reconnaissons que la Rdc est toujours confronté a beaucoup de préalables, comme la difficulté d’accès à la terre, la difficulté d’accès au crédit (financement), la taxation des intrants agricoles, l’absence des routes de desserte agricole, absence des études des projets (énergie, transports, etc.), absence du cadre légal sur le partenariat public-privé, accès à la terre, obtention de l’autorisation de bâtir, absence des cartes géographiques des villes, absence d’une politique de viabilisation des quartiers, inexistence des terrains dédiés (zonings), eau et électricité, taxation élevée des intrants industriels et bien intermédiaires.
Quelle stratégie pour l’ANAPI ?
L’ANAPI a fait un état des lieux qui lui a permis de se doter d’une stratégie à court terme. Dans le domaine des infrastructures par exemple, l’ANAPI conseille l’application de la politique de réhabilitation et de modernisation des infrastructures (cinq chantiers). Sa vision est de relier l’Ouest à l’Est en passant par le Centre (relier le Katanga au Kivu) relier la Rdc aux principaux marchés sous-régionaux du continent (SADC, COMESA, CEEAC, UEMOA) : corridor Nord, corridor Est, corridor Bas-Congo. Comme stratégie, l’ANAPI cible les investisseurs intéressés par les projets d’infrastructures retenus par le Gouvernement, le partenariat public-privé, ainsi que l’agrément au Code des Investissements.
Dans le domaine de l’Agriculture, l’ANAPI indique que la Rdc dispose de 120 millions d’hectares de terres arables (dont 4 millions irrigables). Ce qui représente 40,3% du PIB. Comme stratégie, il faut améliorer les routes de desserte agricole, réduire les taux d’imposition des intrants et équipements agricoles, renforcer la capacité des agriculteurs, se pencher vers la modernisation (irrigation, utilisation des machines).
Le secteur minier n’est pas oublié. Ceci, parce que le pays regorge 34% des réserves mondiales connues du coltan, 10% des réserves mondiales du cuivre, 4.820.060 tonnes de cobalt, 4.055.403 tonnes de zinc, 140.000.000 tonnes de diamant, 20.000.000.000 tonnes de fer, 22.500.000 tonnes de chrome-nickel, 3.095.458 tonnes d’or, etc. Comme stratégie, l’ANAPI insiste sur l’application du code minier ; la transformation sur place des minerais ; le renforcement du mécanisme de certification de l’origine.
Jean-Marie Nkambua
La rumeur amplifie la peur chez les déplacés d’Oicha, territoire de Beni au Nord-Kivu. Plusieurs déplacés de l’axe Oïcha-Eringeti au Nord-Kivu ne sont toujours pas retournés chez eux et des villages restent déserts, malgré la présence des militaires des FARDC, déployés sur cet axe long d’environ 25 kilomètres. C’est ce qui a été constaté, samedi 7 août.
Les populations déplacées hésitent de retourner chez eux, en dépit de la pénurie en assistance alimentaire dans leur milieu d’accueil à Oïcha, chef lieu du territoire de Beni. Les Fardc ont débuté une campagne de sensibilisation dans les villages pour inciter ces déplacés à retourner.
De Oïcha, chef-lieu de Beni, à Eringeti, on traverse des villages fantômes : Tenambo, May Moya, Kokola et Linzo Sisene. Leurs habitants ont fui leurs milieux, depuis le déclenchement, fin juin, des affrontements entre les miliciens de l’ADF-Nalu et les FARDC.
Ces affrontements, qui avaient débuté à Mwalika à 80 kilomètres au sud-est de la ville de Beni, se sont poursuivis sur l’axe Eringeti. Ils ont fait fuir les populations des leurs villages.
Jusqu’à ce samedi, la peur n’est pas éradiquée. Les déplacés rencontrés à Oicha disent que les miliciens de l’ADF-Nalu circulent encore dans la brousse. Ils craignent pour leur vie, ainsi que l’a témoigné un de ces déplacés : « Nous avons appris encore, la semaine passée, que les gens qui étaient rentrés dans leurs villages sont revenus à Oicha. Ils ont appris qu’il y aurait encore d’autres affrontements ».
A Eringeti, où le contingent des casques bleus népalais est déployé depuis un mois, le retour timide des déplacés est observé. Et le commandement militaire FARDC a débuté une campagne de sensibilisation auprès des quelques retournés pour qu’ils puissent encourager les autres à regagner leur milieu.
Les déplacés sont estimés à plus de vingt-trois mille ménages à Oïcha. Le CICR a assisté neuf mille ménages, il y a plus d’une semaine. Le vice-président de l’assemblée provinciale leur a offert 2 tonnes de vivres et non vivres, ensuite c’était le tour du gouvernement provincial, avec 30 tonnes.
Mais, seuls les déplacés plus vulnérables sont alignés pour bénéficier de ces aides au vu de la quantité insuffisante reçue.
Les opérateurs du secteur aérien en République Démocratique du Congo exhortent le gouvernement à prendre conscience de la nécessité de tout mettre en œuvre pour faire rayer de la liste noire de l’Organisation internationale de l’aviation civile les compagnies aériennes congolaises. Mercredi 4 août, l’Autorité de l’aviation civile de la RDC (AAC), s’est concertée à Kinshasa avec les opérateurs de l’aviation civile qui sont membres de la Fédération des entreprises du Congo (Fec) à ce sujet.
Cette concertation va se poursuivre à plusieurs niveaux. Après celle du 4 août dernier, certains opérateurs interrogés le weeke-end ont indiqué, sous le couvert de l’anonymat, que l’Etat congolais est responsable de la situation de la sécurité aérienne.
Il importe donc, estiment-ils, que l’Etat prenne conscience pour que les exigences internationales en la matière soient d’application. C’est le seul moyen de redonner la confiance aux aéronefs des compagnies congolaises vis-à-vis de l’Organisation internationale de l’aviation civile.
De son côté, le directeur général de l’Autorité de l’aviation civile, Richard Nyangwile Kansa, rassure.
Toutes les mesures d’application de la loi réglementant le transport aérien en RDC sont prêtes. Il ne reste plus qu’elle soit votée au parlement et promulguée par le président de la République.
Et cela, a-t-il laissé entendre, peut se faire en moins d’une année.
Une dispute autour d’un lopin de terre situé au bord du lac Kivu a failli déboucher sur mort d’homme le samedi 7 août 2010 au chef-lieu de la province du Sud-Kivu. Impliquant deux avocats –Me Mushi Bonane, ancien ministre de la Recherche Scientifique et actuellement député national élu de Bukavu, et Me Moïse Chifende, professeur à l’Université Catholique de Bukavu et président de l’ONG de défense de droits de l’homme Aprofed- la dispute a vu le premier cité mettre la vie du second en danger en le poignardant. La radio onusienne Okapi qui a livré la nouvelle précise que les faits se sont passés au quartier Labote, dans l’enceinte du bureau de la division des Transports et Voies de communication. La victime a été admise en soins intensifs à l’hôpital général de référence de Bukavu mais ses jours, selon ses proches ne seraient pas en danger. Les deux hommes de loi disposent de concessions voisines dans un quartier résidentiel de Bukavu et le conflit qui les oppose était déjà porté devant la justice à Bukavu. Pour des raisons que l’on ignore, la rencontre de samedi entre les deux avocats a dégénéré, au point que le professeur Moïse Chifende en est sorti blessé. « Poignardé » ; a confirmé la bourgmestre de la commune d’Ibanda. Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bukavu a émis, le samedi 7 août, un mandat d’arrêt à l’endroit du député national Mushi Bonane, accusé d’avoir poignardé le professeur Moïse Chifennde. En activant rapidement la machine judiciaire, le procureur a sans doute voulu mettre en mouvement le principe de la flagrance qui seul autorise la poursuite des personnalités couvertes par des immunités. Il a manifestement tiré les leçons du mélodrame Mukonkole à Kinshasa, où la justice a sorti malencontreusement une antillerie articulée autour de la flagrance dabs un dossier vieux de plusieurs trimestres !
Placé sur le banc des accusés pour cause de blessures portées contre Moïse Chifende, le député national Mushi Bonane plaide non coupable. Non seulement il rejette les faits mis à sa charge, mais il accuse à son tour Moïse Chifende de vouloir attenter à sa vie. « Je suis en danger », souligne-t-il. Affaire à suivre.
La débrouillardise due à la basse conjoncture socio-économique, a donné naissance à diverses activités génératrices de recettes. Il faut, à tout prix, chercher par tous les moyens comment survivre. Tous les moyens sont bons, dit-on, pourvu qu’on aboutisse à des résultats escomptés. C’est dans cette logique qu’il y a lieu de croire, dur comme fer, qu’avec la détérioration du tissu économique et la fermeture de différentes entreprises, moult familles ne parviennent plus à nouer les deux bouts du mois. Elles sont obligées à s’adonner à tout ce qui peut leur apporter des moyens de substance. Car, faire le contraire face à ces réalités circonstancielles, expose la famille à une misère et à une pauvreté suicidaires. C’est dans ce sens que plusieurs activités lucratives sont créées.
Chaque famille se bat avec la dernière énergie, pour ne pas continuer à tendre la main vers certaines bonnes consciences. Ou encore, river ses regards vers les cieux tout en oubliant volontairement que les mannes ont cessé de tomber. Dans cet optique, des initiatives privées ont maintenant droit de cité avec la construction des endroits pour générer des recettes. L’informel a de la place dans le circuit. On se débrouille chaque jour avec l’article 15 qui veut tout simplement faire allusion à la recherche des moyens de survivre.
Outre des terrasses, des cabines téléphoniques, des ventes à la criée des « prêts à manger » et à boire à travers les rues et avenues, la débrouillardise ne s’est pas seulement arrêtée à ce niveau. Elle va plus loin avec la création de différents systèmes pour se faire de l’argent. On ne se gêne plus. Ce qui dans le passé n’existait point, au jour d’aujourd’hui, c’est devenu une espèce de nouvelles occupations lucratives. Les dividendes qui en découlent ne sont pas à négliger. Ils se constituent comme étant des moyens sûrs pour répondre à l’équation relative à la survie des familles en vue de contourner toutes les difficultés socio-économiques liées à des facteurs exogènes et endogènes à la société africaine des pays frappés par la crise tant décriée.
Devant toute la panoplie face à laquelle se trouvent les familles moins nanties, on signale l’ouverture des restaurants de fortune appelés « malewa ». Ce sont des endroits ouverts dans des marchés ou dans des parcelles ou encore dans des coins de rues et avenues. Ces restaurants sont localisables. Ceux qui y fréquentent n’ont pas de peine pour s’y retrouver avec ventres affamés. Ils sont servis en petits princes tout en donnant des ordres. Ces « malewa » se font de la concurrence dans la vente de leurs mets à la congolaise. Les habitués ne se donnant plus la peine de demander ce dont on a besoin sont servis avec tous les respects du monde. Certaines consommations passent par le système des crédits et de la confiance confirmée par le fait qu’aucune journée ne peut passer sans que des jeunes gens et autres patères familias ne se retrouvent dans ces cercles.
A considérer la propreté de ces restaurants à l’extérieur tout comme à l’intérieur, ils repoussent. Ils gèrent une certaine insalubrité environnementale qui fait peur. Tout est sale. Les assiettes sont dans un état répugnant. Les marmites sont assiégées par d’essaims de mouches venant de partout. En un mot, l’insalubrité environnementale s’est installée sans que l’on ne fasse attention. On s’y est tellement habitué que la saleté est entrée dans les us et coutumes de la gestion de ces restaurants de fortune. Ces « malewa » nourriciers constituent un danger pour la santé. Beaucoup de maladies sont contractés à partir de ces endroits. Personne ne fait attention que ces maladies peuvent conduire à la mort. L’homme noir ne meurt pas de microbes. Cette idée dénuée de tout sens détourne l’attention des esprits faibles. Ceux-là qui ne se rendent pas compte que l’homme est condamné à vivre dans un environnement propre et sain.
La pauvreté dans laquelle vit la population à une forte échelle par rapport à une autre catégorie de personnes et de familles contribue, somme toute, à des activités n’inspirant pas confiance. C’est à une mort lente qu’on s’expose quotidiennement. Pour s’en sortir, il ne faut pas chercher une baguette magique. La lutte contre l’insalubrité dans et/ou aux abords de tous ces restaurants de malheurs est à mener sans retenue. Car, rien ne peut résoudre ce problème d’insalubrité si ce n’est la volonté dont on doit s’armer en vue de s’éloigner de ce gîte d’une mort certaine qu’est le « malewa ». Les difficultés de la vie ont engendré pas mal de foyers incontrôlables et maîtrisés où tout est permis avec tous les risques. L’hygiène étant la règle de la santé, même l’homme de la rue doit prendre réellement compte de cette réalité. Protégeons-nous de la contamination de certaines maladies pour ne pas être surpris par une mort lente et sûre.
La visite de l’Ambassadeur du Canada et du Chargé d’affaires des États-Unis au Général Charles Bisengimana, Chef de la Police Nationale Congolaise (PNC), a eu pour but d’encourager vivement la protection accrue de la famille Chebeya et de tous les défenseurs des droits de la personne.
L’Ambassadeur du Canada Sigrid Anna Johnson et le Chargé d’affaires des États-Unis Samuel Brock ont rencontré le Général Charles Bisengimana, Inspecteur Général de la Police Nationale Congolaise, le jeudi 5 août. La présence conjointe du Canada et des États-Unis a souligné l’engagement partagé des deux nations nord-américaines pour la défense des droits de la personne à travers le monde.
Lors de la rencontre, l’Ambassadeur Johnson et le Chargé Brock ont réitéré l’engagement du Canada et des États-Unis à travailler avec la République démocratique du Congo afin de moderniser les forces de sécurité du pays, de traduire en justice ceux qui commettent des abus des droits de la personne et de renforcer le secteur judiciaire du pays. Les deux diplomates ont encouragé le Général Bisengimana et la Police Nationale d’assurer la sécurité de tous les défenseurs des droits de la personne et à travailler afin d’encourager un environnement qui permette à la société civile d’opérer librement et sans crainte.
L’Ambassadeur Johnson et le Chargé Brock ont vivement encouragé le Général Bisengimana à soutenir l’engagement des autorités congolaises à mener une enquête minutieuse et transparente afin de traduire en justice les responsables de l’assassinat de M. Chebeya.
Les deux chefs de mission ont exprimé leur inquiétude concernant les rapports récents de menaces contre la famille de Floribert Chebeya et ont demandé à la PNC et autres autorités congolaises d’accroître les mesures de protection de Mme Chebeya et de ses enfants, afin que la famille Chebeya puisse être en sécurité à tout moment.
L’Avenir